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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 15:23

Texte publié sur Indymedia Irlande, écrit par un membre du comité d’organisation du contre-sommet anti-impérialiste dublinois.

Les sommets du G8 et les manifestations contre eux sont désormais devenus un rituel. Un rituel dont les règles sont bien établies et bien connues des deux côtés.

Les grands hommes se réunissent pour discuter de la façon de corriger les maux de ce monde, et les protestataires au-dehors les blâment de ne pas le faire assez vite, ou de ne pas avoir l’intention de le faire. On promet à l’Afrique la charité, et des gens comme Sir Bob Geldof vont proclamer qu’un G8 réussi a été tenu. D’autres personnes vont jeter des briques et des bouteilles à la police, en pensant avoir frappé un grand coup pour la cause. Mais de quelle cause s’agit-il exactement ?

Ce n’est pas toujours très clair. Pour les médias, c’est un grand jour : quelques visages de présidents et de premiers ministres filmés le matin, puis des images de manifestations l’après-midi, dans l’espoir que survienne quelque émeute, ou au moins quelque événement télégénique susceptible de passer trente secondes au journal télévisé. Le public aura ainsi son lot d’excitants pour soulager son fardeau de labeur quotidien, ou ce qui est de plus en plus fréquent, de chômage.

Pourquoi le sommet du G8 de cette année, qui aura lieu le 17 et 18 juin 2013 devrait-il être différent ? Son emplacement est assez différent cette année. Les sommets du G8 ont lieu en général sur le territoire des grandes puissances, les Huit Grands.

Toutes ces puissances ont gagné leur statut de « Grands » par le truchement de la conquête impériale, et leurs populations, qu’elles soient de droite ou de gauche, entretiennent les préoccupations propres aux économies matures, qui profitent des vastes transferts de richesses provenant des anciennes colonies et des transferts continuels venant des économies de sous-traitance du Tiers Monde. Les protestataires qu’on voit lors des sommets du G8 tendent à voir les problèmes du monde sous l’angle de la destruction écologique, de l’austérité, ou de l’aide au développement pour l’Afrique. Il s’agit de préoccupations propres au premier monde.

A la fin de l’année 2012, le gouvernement britannique, qui héberge l’événement cette année, a créé la surprise en annonçant que le sommet du G8 aurait lieu en Irlande, et plus précisément sur le territoire des six comtés du nord-est de l’Irlande, qui est toujours sous occupation britannique. Quelques semaines plus tard, éclata l’incongruité de ce choix, lorsque la police intercepta une voiture piégée destinée à exploser près de l’hôtel du Lough Erne, où va se tenir le G8. Peu de temps après, des bombes furent trouvées près de cet hôtel, caché au bout d’une bande de terre au milieu d’une futaie, entouré sur trois côtés par un des plus grands lacs d’Irlande.

S’ajoutant à l’étrangeté de l’atmosphère, la police locale a parlé fièrement aux medias internationaux des centaines de cellules de prison qui étaient disponibles pour les protestataires anti-G8, et du fait qu’elle avait pris la précaution supplémentaire de ré-ouvrir des bases militaires britanniques pour l’occasion, afin de s’assurer qu’aucune place ne manque pour incarcérer les manifestants. Les quatre décennies de résistance armée ont donné à l’Etat britannique une grande ressource en Irlande : tout un tas de cellules de prison.

Il est clair que le sommet du G8 a été déplacé de Grande-Bretagne en Irlande afin d’éviter une répétition de l’été d’émeutes qui a parcouru l’Angleterre en 2011.

C’est un signe des temps : le gouvernement britannique considère les bombes de l’IRA moins dangereuses que la haine de classe de la jeunesse anglaise.

Cela étant, l’hébergement du sommet en Irlande donne une couleur particulière à ce rituel, un aspect en partie imprévisible. L’Irlande est la première colonie de l’Angleterre. C’est en Irlande que les Anglo-Saxons ont appris à se considérer comme des maîtres et des exportateurs de civilisation. Les méthodes génocidaires employées pour exterminer la population de la Tasmanie entière et réduire à l’abjection tant de peuples indigènes ont d’abord été pratiquées et perfectionnées en Irlande. Le poète élisabéthain Edmund Spenser se lamentait que le sabre anglais pût jamais venir à bout de ce labeur interminable. Seule la famine allait nettoyer la terre irlandaise des Irlandais.

Quelques décennies plus tard, l’armée US allait reprendre ces manières en tuant sans raison des milliers de bisons, poussant par la faim les Américains Indigènes à se soumettre et accepter l’exil dans les camps de concentration des réserves. Ces méthodes et ces idéaux sont fort différents de ceux des anciens empires. L’impérialisme anglo-saxon ne se contentait pas de prendre des esclaves et d’extraire la plus-value. Il s’agissait toujours en même temps de mener une croisade religieuse, un jihad visant à imposer les lois de la concurrence et du marché à l’indolent indigène. Il fallait qu’il respectât l’argent et l’épargnât, tout en épargnant son énergie sexuelle, arrachée à son cours naturel et placée au service du profit, comme Freud l’a si bien remarqué.

Pour ces raisons, lorsque le cirque du G8 viendra en Irlande au mois de juin, l’écologie, l’austérité et la charité pour l’Afrique n’auront pas une grande place parmi ceux qui veulent dignement accueillir les huit grands. A Belfast, un forum anti-impérialiste est organisé par Republican Sinn Féin, les 14 et 15 juin. On y attend des orateurs du Tiers Monde, de l’Inde et des Philippines, qui résistent activement à l’impérialisme occidental. Ils diront ce qu’ils ont à dire, et il ne s’agira certainement pas de demander la charité à ceux qui souillent leurs rivières, volent leurs ressources et massacrent leurs patriotes.

A Dublin, les anti-impérialistes virent tout de suite le symbole représenté par la tenue du G8 en Irlande occupée. Le message était clair. Cette terre est britannique, gagnée par l’épée, et tenue par l’épée. La résistance a été défaite, et le processus de normalisation achevé. L’Irlandais rampe, et personne ne s’attend à son redressement dans l’avenir immédiat.

Le comité du G8 alternatif de Dublin a été établi pour défier l’affront et nous avons commencé notre travail visant à faire en sorte que le drapeau de l’anti-impérialisme flotte fièrement dans la plus grande ville d’Irlande. Le 17 juin, les anti-impérialistes se rassembleront à Dublin, venus de toute l’Irlande et aussi d’Afrique, d’Irak, de Palestine, du Pays Basque, des Philippines, de Syrie, des USA et du Canada. Non pas pour adresser des demandes au G8, mais pour construire un réseau réel et efficace visant à affronter le nouvel impérialisme et la nouvelle lutte pour le repartage du butin en Afrique. Lorsque nous serons assez forts, le G8 n’aura plus rien à nous offrir, car nous aurons déjà tout pris. Le 18 juin, une manifestation à Dublin commémorera le Lockout de 1913 et montrera à la classe ouvrière de Dublin, cent ans après, sa propre force, massée et présente, pour sa propre inspection.

L’Irlande est une petite île, au coin nord ouest de l’Europe. Les mouvement qui agitent le monde ne commencent pas en Irlande, mais leurs vagues nous inondent et nous lavent. Les Celtes sont venus d’Europe centrale, apportant avec eux leurs langues et leurs coutumes. Puis vient le christianisme. Le féodalisme fut apporté par les Normands, et le capitalisme par les Anglais. Les mouvements mondiaux ne naissent pas en Irlande, mais celle-ci ne leur est pas restée étrangère. Il en fut ainsi lorsque la bannière ‘Liberté, Egalité, Fraternité’ fut arborée par Robespierre et ses concitoyens. En 1798, l’Irlande se souleva les armes à la main, sous la direction de Theobald Wolfe Tone et avec l’assistance des forces révolutionnaires françaises. Ce soulèvement fut réprimé avec une violence supérieure à celle de la Terreur à Paris. Une des fosses communes datant de l’an 1798, remplie des corps des soldats volontaires irlandais qui avaient affronté les canons anglais avec des pics, se trouve près de la Liffey à Dublin.

En 1867, Karl Marx publia le Capital. La même année, les révolutionnaires irlandais adressaient ce message à leurs camarades les travailleurs d’Angleterre : « Quant à vous, travailleurs d’Angleterre, ce ne sont pas seulement vos cœurs que nous souhaitons avoir avec nous, mais aussi vos bras. Rappelez-vous la faim et la dégradation apportées dans vos foyers par l’oppression du travail. Souvenez-vous du passé, regardez-bien le futur, et vengez-vous en donnant la liberté à vos enfants dans la lutte à venir pour la liberté humaine.» [in Proclamation de la République Irlandaise, par l'IRB]

En 1867, ce n’étaient pas des paroles en l’air, elles étaient écrites avec le sang des patriotes. 1913 a été aux Irlandais ce que 1905 a été aux Russes. A cette époque, l’Irlande comptait proportionnellement le plus grand prolétariat rural d’Europe. Ce prolétariat était largement politisé. Dans les villes, les travailleurs vivaient dans de vastes ghettos, avec souvent trois familles dans une même pièce. A l’été 1913, des ouvriers furent lock-outés de leur lieu de travail parce qu’ils refusaient de quitter leurs syndicats. Des jaunes furent employés à leur place. Sous la direction de James Larkin et de James Connolly, pendant huit mois, les travailleurs héroïques tinrent bon face à la disette, au froid, à la brutalité policière et à la curée médiatique.

Finalement, brisés par la faim, ils reprirent le travail. Mais les graines avaient été semées. Pendant la période 1916-1922, James Connolly mourut en martyr devant un peloton d’exécution britannique, à cause de son rôle de dirigeant pendant l’insurrection de Dublin en 1916, et plus tard dans cette période le prolétariat rural investit des centaines de lieux de travail et déclara des soviets, ornés du drapeau rouge. « Nous faisons du pain, pas des profits » disait l’écriteau sur la devanture du soviet de Bruree Mills, dans le comté de Limerick. La ville de Limerick fut prise par le peuple, et le soviet de Limerick fut déclaré, qui frappait sa propre monnaie soviétique.

Toutefois, les impérialistes ne s’avouaient pas vaincus. Ils étaient passés maîtres dans l’art de diviser pour régner. Les Britanniques firent un marché sordide avec les éléments compradores irlandais. Ils eurent leurs « Etats Libres », au Nord et au Sud, pour mieux maintenir l’Irlande sous l’emprise du capital britannique. Dans le Sud, la liquidation du prolétariat rural nombreux et dangereux devint une priorité urgente. Par centaines de milliers, ils partirent en exil, sous la pression des armes, de la faim et de l’exclusion, et parfois on les laissa s’incorporer dans les rangs des petits propriétaires terriens, gardiens du conservatisme irlandais.

Dans les années 1950, le grand Abdel Nasser enflamma les cœurs des jeunes patriotes du monde colonisé, en particulier en Irlande. L’IRA reprit ses activités. Cependant, le peuple n’était pas prêt, et l’opération Harvest [‘Moisson’], comme l’avait nommée le conseil militaire de l’IRA, se termina en 1962 avec l’ordre de cacher les armes. Mais une direction forte et disciplinée, fermement ancrée dans le socialisme et la solidarité internationale était en place. Elle n’eut pas longtemps à attendre. 1969 vit bondir sur la scène mondiale un jeune homme, qui idolâtrait Nasser. C’était Mouammar el Kadhafi. Cette même année, le peuple irlandais se souleva à nouveau contre la domination impériale et la discrimination. Le jeune Mouammar ne resta pas les bras croisés lorsque les Irlandais se faisaient passer à tabac dans leurs propres rues. Il donna au peuple les moyens de se défendre et de porter la guerre dans le ventre de la bête.

Cela appartient désormais au passé. Mouammar est mort et les les chiens de guerre qui luttent pour le repartage de l’Afrique ont marché sur son corps disparu. Le rêve de l’indépendance africaine a brûlé dans l’enfer de Sirte, plein de phospore blanc, et la restauration de l’ancien régime est presque achevée. Cette efflorescence extraordinaire de l’esprit humain, qui a duré de la révolution française à la révolution d’octobre, jusqu’aux grandes luttes de libération nationale des années 1950, 60 et 70, a été écrasée sous une plaque de béton. Il est approprié aujourd’hui de considérer cette période comme une abominable aberration, désormais enterrée, et qui ne doit surtout pas se répéter. Aujourd’hui, la restauration prend le nom de révolution. L’opposition n’est tolérée que si elle vient de fanatiques religieux amoureux de la propriété privée.

Aujourd’hui, le peuple irlandais flotte comme un poisson mort à la surface d’un bassin d’eau stagnante qui a perdu l’espoir de revoir passer le courant. Des années d’excès capitaliste ont passé la corde de la dette autour du cou de la nation, et les gens ont trop peur de penser à ce qui pourrait arriver plus tard. Lorsque le FMI et l’UE arrivèrent ici pour nous soulager de nos dernières prétentions à la souveraineté économique, beaucoup d’Irlandais ont soupiré d’aise. Presque personne n’a protesté. Le vieux sarcasme anglais, selon lequel les Irlandais sont incapables de se gouverner eux-mêmes, s’entend régulièrement dans la bouche des pontes médiatiques, énoncé comme un fait évident. Le fait, aussi affreux qu’évident, que l’UE n’a jamais prouvé aucune capacité de direction n’est pas mentionné.

Sans doute, après les manifestations contre le G8, certains parleront de l’austérité ou de l’effondrement écologique. Mais à quoi bon ? Ceci ne revient-il pas à accuser la pluie de mouiller ? Tel est le capitalisme. Il n’est pas fait sur mesure pour les petites gens d’Europe ou d’Amérique, encore moins pour celles d’Afrique. Peut-être que cette plaque de béton n’a pas frappe nos têtes assez fort. Peut-être, comme le chante Dylan, quelque chose continue-t-il de frapper dans le vent. A Belfast et à Dublin nous verrons bien. Si c’est le cas, je doute que l’Irlande soit sur la liste des absents. Le comité du G8 alternatif de Dublin invite tous les anti-impérialistes à nous rejoindre, ce mois de juin.

Si vous ou votre organisation voulez parler ou nous aider dans nos préparatifs, contactez-nous à : dublinalternativeg8@gmail.com, ou visitez notre site web ici : http://dubaltg8.org/

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:51

Voici les 30 mesures détaillées par le Medef que l'on trouve sur la revue "Capital" :

 

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 18:24

Alors qu'ils s'emparent de la presse étrangère pour remonter dans l'opinion public et distiller leur sale propagande guérriere colonialiste en jusitifant le danger (imaginé dans leurs esprits dérangés) de la Syrie et du Hezbollah ils en profitent pour virer les 30 000 bédouins du Neguev !

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Israël veut déplacer plus de 30.000 Bédouins vivant dans le désert du Néguev

Une commission interministérielle israélienne a approuvé lundi un projet de loi visant à déplacer des dizaines de milliers de Bédouins du désert du Néguev vers des villages reconnus, une initiative dénoncée par des représentants des Bédouins.

En 2009 les Bédouins du Néguev protestaient déjà contre des constructions israéliennes sur leur térritoire.
Selon la radio militaire, ce projet de loi, qui doit être examiné par le Parlement en trois lectures avant d’être appliqué, prévoit le déménagement forcé de 30.000 à 40.000 Bédouins, tandis que 12.000 autres ont obtenu l’autorisation légale de rester sur leur lieu d’habitation actuel.

L’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI) a dénoncé ce projet et appelé le gouvernement à reconnaître les villages bédouins afin d’assurer leurs «droits fondamentaux».

«Ces déplacements forcés vont porter atteinte à des dizaines de villages et des dizaines de milliers de Bédouins qui vont être dépossédés de leurs propriétés et de leur droits historiques sur leurs terres tout en détruisant le tissu social de leur communauté en condamnant des milliers de familles à la pauvreté et au chômage», selon le communiqué de l’ONG israélienne.

«Parallèlement, le gouvernement promeut le développement de nouvelles localités juives dont certaines doivent même être érigées sur les ruines des villages de Bédouins», déplore l’ONG.

Quelque 200 manifestants dont une majorité de Bédouins ont protesté lundi devant le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu en brandissant une banderole sur laquelle était écrit: «le but est de nous déraciner».

Quelque 160.000 bédouins vivent en Israël, la plupart dans ou aux alentours du désert du Néguev.

Plus de la moitié habitent dans des villages non reconnus et sans services publics. La plupart des autres vivent également dans des conditions d’extrême pauvreté.

AFP

http://www.maghrebemergent.com/actualite/breves/fil-monde/item/23832-israel-veut-deplacer-plus-de-30-000-bedouins-vivant-dans-le-desert-du-neguev.html

 

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 13:13

Cinq ans de crise, six millions de chômeurs, et des milliers d'expulsés de leur logement : malgré un lourd bilan social, les Espagnols subissent leur sort sans se révolter contre le gouvernement ou contre l'UE. Parce qu'ils craignent de perdre le peu qu'il leur reste, avance un sociologue.

Nous sommes aujourd'hui dans la cinquième année de crise. Le chômage augmente, tout comme la pauvreté et l'exclusion sociale ; des cas de malnutrition infantile commencent à apparaître ; des dizaines de milliers de familles ont été expulsées de leur domicile. Et les salaires continuent de baisser, ce qui n'est en revanche pas le cas du prix des biens et des services.

La population a, par ailleurs, compris qu'il ne s'agit pas d'une situation temporaire, et qu'elle peut perdurer encore de longues années. Dans ces conditions, comment se fait-il qu'il n'y ait pas d'explosion sociale ? Pourquoi le système ne vole-t-il pas en éclats ? Jusqu'où peut aller la tolérance de la société espagnole sans qu'un soulèvement n'éclate ?

Les conditions d’une révolte

Difficile, en effet, d'imaginer conjonction de conditions plus favorables à une explosion. Primo, les effets de la crise sont terribles. Comment une population comptant six millions de chômeurs parvient-elle à survivre ? Le pire étant que le chômage va continuer d'augmenter, puisque la demande intérieure est atone. Les économies et les aides qui, jusqu'à présent, permettaient à beaucoup de s'en tirer tant que bien que mal, arrivent aujourd'hui à épuisement. Ceux qui travaillent le font souvent dans l'économie souterraine, et en échange d'un salaire de survie.

Secundo, les politiques barbares d'austérité que mènent l'Espagne et l'Union européenne ne font que démolir le pays et repousser un peu plus l'heure de la reprise. Au lieu de faire en sorte que la consommation et les investissements publics viennent pallier la chute de la consommation des ménages, le gouvernement coupe dans tous les postes de dépenses de l'Etat.

Ainsi, non seulement la crise s'aggrave, mais la couverture sociale offerte à la population touchée par le chômage et la pauvreté diminue. Cela peut paraître brutal, mais l'UE et le gouvernement espagnol ont estimé que la sortie de crise passait par l'appauvrissement général de la majorité des Espagnols – car c'est cela, et rien d'autre, que veulent dire les mots “dévaluation interne” [dévaluation, non de la monnaie, mais des salaires et des prix dans un seul pays de la zone euro].

Tertio, les Espagnols sont de plus en plus nombreux à penser que la répartition des sacrifices est d'une injustice flagrante. Le cas le plus sanglant, mais loin d'être isolé, est celui des expulsions. L'Etat débourse des aides généreuses et s'endette dangereusement pour assainir les banques, mais il n'offre aucune solution à la situation de tous ceux que la crise a étouffés sous les hypothèques. L'insensibilité des pouvoirs publics et des deux grands partis face à cette détresse a contribué à aiguiser l'indignation d'une bonne partie de la société.

Quatrième point : en de pareils moments, il n'y a pas d'espoir. Le gouvernement a beau diffuser sa propagande sur l'imminence de la reprise, les Espagnols ont compris que nous sommes dans un processus de stagnation à long terme et que des années très dures nous attendent.

Enfin, nous souffrons par-dessus le marché d'un parti au gouvernement corrompu et d'une inefficacité époustouflante. On a peine à croire que dans un moment aussi grave qu'aujourd'hui, le chef du gouvernement fasse l'objet d'un chantage en raison du financement illégal du parti qu'il dirige.

L’adhésion à l’euro reste massive

Et pourtant, malgré toutes ces calamités, le peuple ne se soulève pas. Que se passe-t-il ?

D'un part, il n'y a plus de choix alternatif. Il n'y a pas, aujourd'hui, d'idéologie qui propose une autre voie que celle où nous sommes engagés et autour de laquelle puisse s'organiser une résistance effective. C'est la colère qui domine dans la population, une colère qui se traduit par le rejet du système économique et politique et par un sentiment d'aliénation à son égard – et non une colère qui se cristallise en un mouvement qui fait peser une menace collective.

D'autre part, en dépit de l'appauvrissement général, l'Espagne conserve un niveau de développement considérable. Nous savons que les démocraties développées sont extraordinairement stables : elles résistent à tout ou presque. Pour preuve, cette statistique stupéfiante : jamais une démocratie affichant un revenu par habitant supérieur à celui de l'Argentine de 1976 ne s'est effondrée. Or l'Espagne a un revenu par tête largement supérieur, et ce encore maintenant, malgré la crise qui sévit. C'est pourquoi l'on peut s'attendre à des tensions et à des épisodes violents, mais pas à une explosion générale.

Et ce notamment parce que l'Etat, très puissant, a les moyens de réfréner la protestation, mais aussi parce que de nombreuses familles sont propriétaires, ou bien ont placé leur épargne en bourse, et ne sont donc pas prêtes à s'engager dans des aventures à l'issue incertaine. A tous les niveaux, le développement s'accompagne d'un conservatisme politique plus marqué.

Le symptôme le plus évident de ce refus du risque de la part de la population, aussi en colère soit-elle, c'est l'absence de débat public en Espagne sur la nécessité de rester dans l'euro. L'union monétaire a beau s'être révélée un piège, personne ou presque ne veut assumer les coûts à court terme d'une sortie de la monnaie européenne. Il est très étonnant de voir que la population incrimine les partis et les institutions espagnoles quand une grande partie du problème provient de plus haut, des règles de fonctionnement de l'euro et des politiques dictées par les pays du Nord.

Certes, les institutions européennes ont énormément baissé dans l'estime des Espagnols, mais sans grandes conséquences : l'adhésion à l'euro reste massive. Et cette adhésion est essentielle pour comprendre pourquoi l'explosion sociale n'a pas lieu.

Voilà comment nous allons continuer à tolérer avec résignation une situation qui, d'où qu'on la regarde, est pourtant bien intolérable.

Traduction : Julie Marcot

6 mai 2013
INFOLIBRE
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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:58

Ancien militant des Black Panthers emprisonné pendant 29 à l’isolement, Robert King est de passage en France pour alerter sur la situation de deux anciens codétenus, maintenu à l’isolement depuis 41 ans.

Dix-sept heures de travail quotidien obligatoires pour 2 cent de l’heure, des détenus armés par l’administration pour assurer la « surveillance », des viols systématiques organisés par des détenus sur les « fresh fishes », les prisonniers les plus jeunes... Au début des années 1970, la prison « Angola », en Louisiane, figure parmi les plus inhumaines des États-Unis.

Parmi les détenus, 3 jeunes noirs enfermés pour des affaires de vol à main armée, Herman Wallace, Albert Woodfox et Robert King, commencent à se faire remarquer en revendiquant des droits. Dans une Amérique en pleines tensions sociales, ces proches des Black Panthers deviennent des « cibles » de l’administration pénitentiaire, raconte Robert King, de passage en France pour témoigner aux côtés d’Amnesty International.


Condamnés à une vie à l’isolement

En 1972, Herman Wallace et Albert Woodfox sont inculpés pour le meurtre d’un gardien de prison, sans éléments matériels pour établir leur culpabilité. Le jugement se fonde sur le témoignage oculaire d’un codétenu, « acheté » — selon les conclusions d’une enquête ultérieure — contre des rations de cigarettes et des pressions en faveur d’une grâce, qu’il finit par obtenir.

Robert King est poursuivi l’année suivante pour le meurtre d’un codétenu, qu’un autre prisonnier a pourtant avoué. Il est condamné à vie et placé à l’isolement par le juge. Il en sortira 29 ans plus tard, le 8 février 2001, déclaré « probablement innocent » par un juge fédéral.

Albert Woodfox, Robert King et Herman Wallace

The Mob Film Company - Angola3.org

Pour ses deux anciens codétenus, le calvaire continue. La condamnation d’Albert Woodfox a été annulée trois fois par les tribunaux d’appel (défense inadéquate, déficiences du parquet et discrimination raciale manifeste dans le choix du président du grand jury). L’administration judiciaire de Louisiane recommandait aussi en 2006 l’annulation de la condamnation pour meurtre d’Herman Wallace, en raison des déficiences du parquet.

Mais le procureur de l’État de Louisiane s’acharne et fait systématiquement appel de ces décisions.

« Des carrières ont été bâties sur cette affaire  », raconte aujourd’hui Robert king.

Herman Wallace et Albert Woodfox sont maintenus à l’isolement depuis 41 ans, 23 h par jour dans une cellule sans contacts avec l’extérieur, sans accès aux activités, au travail, à la télévision ou à la radio.

Une atteinte aux droits humains

« L’histoire des “trois d’Angola“ n’est que le haut de l’iceberg, dénonce Nicolas Krameyer, de Amnesty International France. Pour l’ensemble des spécialistes, cette forme de détention est en elle-même une atteinte à la dignité humaine ». 

« 50 % des détenus à l’isolement connaissent des troubles mentaux, contre 30 % de l’ensemble de la population carcérale américaine », indique Tessa Murphy, responsable de la campagne d’Amnesty International USA contre l’isolement.

 

Sur le web :

 « In the land of free »film documentaire sur les « trois d’Angola » (2009)

 angola3.org, le site de la campagne de mobilisation.

« Lorsqu’on est enfermé dans les déchets, comment ne pas sentir mauvais soi-même, ironise Robert King. Tout le monde devient un peu fou à des degrés différents, pour moi cela reste raisonnable. Ce qui m’a sauvé, c’est la conscience qu’il fallait mener un combat politique contre ces conditions de détention. »

 

À Guantanamo, mais aussi dans les prisons privées dites « Supermax », le recours usage abusif à l’isolement reste très répandu aux États-Unis.

« 80 000 prisonniers sont à l’isolement, raconte Tessa Murphy. Cela représente 2 à 3 % des détenus, contre une proportion de 0,5 % au Royaume-Uni ».

Douze ans après sa libération, Robert King est un homme posé, qui colporte son témoignage avec méthode. Il poursuit inlassablement son combat, contre l’isolement aux USA et le maintien en détention de ses deux ex-codétenus, aujourd’hui âgés de 65 et 71 ans. « Je ne serai à la retraite que quand ils seront libres », promet-il.

 

Par Erwan Manac’h - 2 mai 2013

http://www.politis.fr/Prison-la-sombre-histoire-des,21998.html

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 16:09

La campagne internationale pour la libération de «Georges Abdallah » a appelé aujourd'hui dans un communiqué à l'échange avec le prisonnier israélien arrêté hier par l’armée libanaise. 


La campagne internationale pour la libération du prisonnier libanais dans les prisons françaises Georges ABDALLAH a lancé un appel à l’échanger avec le colon israélien (Simon SAADATI) qui a traversé la frontière libanaise hier à « Labbouni » une zone frontière de la région de « Ras Nakoura ».

La campagne a déclaré dans un communiqué adressé aux trois présidents et au commandant de l'armée libanaise: 

«Un prisonnier israélien se trouve actuellement chez l'armée libanaise. En attendant l'achèvement de l'enquête avec lui et de clarifier sa situation, nous appelons le président de la république, le président du parlement et le président du gouvernement intérimaire, à l'usage légitime de l'existence de ce captif afin de travailler sur l’échange avec:

- le prisonnier Yahya SKAF en clarifiant son sort,
- les disparus libanais dans les prisons israéliennes, et notamment Mohammed FARRAN et Maher KASSIR, et Abdallah ALYAN;
- Récupérer les restes des martyrs qui sont tombés dans des affrontements héroïques avec l'ennemi israélien qui conserve leurs corps dans les « cimetières de chiffre »;
- Et la libération du captif Georges ABDALLAH kidnappé en France depuis des décennies suite aux pressions publiques des gouvernements israéliens et américains que subit l'Etat français.»

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 12:13

Comme saisis par l’urgence, les bulldozers s’annoncent pour fin août, selon l’appel d’offres du  17 mars publié dans Midi Libre. L’association attac demande aux autorités un moratoire  repoussant la destruction du barrage à la fin de l’été 2014 — ouvrage remarquable de l’école  Le Corbusier, et d’une utilité maximale pour la ressource en eau.

 

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Du danger que représente ce barrage

C’est un barrage voûte en béton non armé, construit en 1959 selon un principe identique à  celui de Malpasset, dans le Var, dont la rupture a provoqué la même année une catastrophe  causant 400 morts. L’effondrement de Malpasset a justifié une étude très approfondie de  l’ancrage dans la roche du barrage de l’Airette, lequel est du coup particulièrement soigné, à  l’unanimité des experts.

Les proportions de l’un à l’autre sont sans commune mesure : le Malpasset se comptait en  dizaines de millions de mètres cubes, et sa rupture a provoqué une vague de vingt mètres de  haut, tandis que l’Airette retient 250 mille mètres cubes, et sa rupture provoquerait une vague de  vingt centimètres.

Faute d’entretien, la vanne s’est révélée impossible à fermer, et l’eau n’appuyant plus sur le  barrage voûte celui-ci se fragilise. Une manipulation hasardeuse en 2009 empêche la fonction  d’écréteur de crue, mais cette panne est mineure et facile à réparer, ainsi que le signale le  maire de Saint-Martin de l’Arçon en février 2010.

L’argument de l’ancrage dangereux du barrage de l’Airette est donc parfaitement  spécieux.

 

 

De l’obsolescence du réservoir d’eau potable

À une époque comme aujourd’hui où l’eau devient une ressource de plus en plus rare et  précieuse, l’avenir du lac de l’Airette est à préserver absolument.

Quand le Jaur se comportera comme un oued — ce qui serait déjà le cas sans les lâchers du  Laouzas — les générations futures seront ravies de disposer de cette ressource.

Le barrage voûte ne se colmate pas aussi vite que le barrage collinaire classique, et on le  préfère actuellement parce que plus faciles à purger.

L’eau du captage de Boissezon près de Vieussan, effroyablement calcaire, est impropre à  l’agriculture comme à la boisson et à l’utilisation domestique — sans parler de son prix, qui a  bondi de 25 %. La bonne eau de montagne du Chavardès est assez pure pour nécessiter une  resalinisation selon les critères de la DDASS. La petite usine de Bardou est une usine de  correction, non d'assainissement.

 

Un lac écologiquement salutaire

Dans le contexte actuel de dérèglement climatique où les épisodes cévenols se multiplient et gagnent en violence, la fonction d’écréteur de crue, avec une turbine au fil du courant, rend  l’Airette particulièrement précieux. La proximité de l’usine de Montahut évite les pertes par  effet joule et diminue ainsi les frais de raccordement au réseau. Ce barrage est idéal pour la  transition vers l’énergie renouvelable.

 

De la préférence de l’eau potable de surface à celle d’un forage

Sachant que Montpellier est alimenté par l’eau du Lez, Paris par celle de la Seine et les  grandes villes en général par celle de la rivière que le bon dieu, dans sa grande sagesse, a bien  voulu faire passer au milieu d’elles, il n’y a aucune directive européenne à respecter en matière  d’eau de surface — contrairement à ce que racontent les services techniques du Conseil général.

En outre, la qualité spécifique de la bonne eau de montagne du Chavardès est largement  supérieure à celle des cours d’eau de plaine.

Prémian et Maurouls disposent aussi de petits lacs pour leur alimentation, mais la dimension  de celui de l’Airette évite les inconvénients de la turbidité en période de crue. L’eau du  captage de Boissezon est catastrophique pour une utilisation en viticulture — trop calcaire et  hors de prix

 

Des chiffres en défense de l’Airette

• 250 mille mètres cubes de consommation à Mons la Trivalle et Saint-Julien.

• 800 mille euros de coût de réparation de la vanne, à mettre en balance avec le million

200 mille à dépenser pour la destruction du barrage. De plus, des entreprises locales peuvent  parfaitement réparer cette vanne.

• 8 exploitations agricoles pourront bénéficier d’une telle capacité d’irrigation, relayée  par quatre lacs collinaires (vergers, maraîchage, plantes médicinales, jardins potagers, petits  élevages). Le syndicat de distribution fonctionnerait comme le Bas-Rhône, avec capteurs  indépendants de celui de la consommation domestique.

• 25 % d’économie sur le prix du mètre cube, à Mons et Saint-Julien : pas de frais de  prévention de carbonatation, pas d’enrichissement des actionnaires du privé (Veolia, SuezLyonnaise, la Saur...).

 

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage

Depuis quarante ans proconsul du canton d’Olargues, Jean Arcas n’a jamais organisé de  façon cohérente le syndicat intercommunal des eaux. Il le confie donc au privé. Mais le privé  veut un marché captif, et non pas la concurrence du patrimoine citoyen de ce - pas si vieux -barrage de l’Airette aussi judicieusement pensé par un édile à l’ancienne, Michel Roger, maire  de Mons en 1959.

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 09:13

 

Sept questions 


1)      Danger relatif ?

Ce serait le niveau de risque selon Monsieur Sionneau directeur de ForestTarn. A notre avis d’humble lecteur du manuel ACTA édité par les industriels des pesticides, danger majeur sur trois niveaux, les animaux aquatiques d’une part, les abeilles en second lieu et enfin  les insectes utiles pour contrecarrer la prolifération des doryphores et des pucerons.

 

2)      Toxicité comparable à celle de l’Ajax Ammoniaqué ?

La comparaison à but pédagogique effectuée par Midi Libre est en-dessous de la réalité des tests toxicologiques émanant des industriels fabricants, puisqu’il suffit d’un millilitre de cyperméthrine pour exterminer 100 pour cent des truites évoluant dans un mètre cube d’eau.

 

3)      Le péril est-il gérable ?

C’est ce que pensent les élus PS/conseil général du 34. Pour que le danger soit gérable il faudrait remplir trois conditions en matière de sûreté chimique. Primo disposer d’une déclaration du forestier, deuxio mandater une personne qualifiée pour contrôler, enfin effectuer un suivi dans la semaine qui suit sur les mares et les cours d’eau.

 

4)      Pourquoi la logique de compétitivité des exploitants forestier  ne peut pas être maitrisée ?

 

5)      Conséquences sur le tourisme de pleine nature ?

 

6)      Quel impact sur l’appellation « PNRHL » de certains produits agricoles, les miels, les viandes et les petits fruits.

 

7)      Peux-ton assumer le risque d accident sur les eaux de La Salvetat  à cause d’une défaillance humaine dans l’application de la cyperméthrine ?

 

 

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:59

Dans les années 2000, Bensaïd venait d’écrire un remarquable pamphlet qui n’a pas pris une ride en changeant le prénom « Lionel qu’as-tu fait de ta victoire ? », les jeunes militants autonomes qui voulaient exclure le PS du mouvement social  criaient à tue tête ce slogan inspiré du « et F comme fachos et N comme nazi » des années 72-73. Jean Luc Mélenchon vient de le reprendre à l’encontre du seul Cahuzac et dans l’élan, appelle à cette manif du dimanche  5 Mai.

 

  Le ministre du Budget a certes trompé son parti mais aussi l’ensemble des organisations – les verts, le Front de Gauche - qui ont appelé à voter pour  le PS autour du mot d’ordre « battre la droite », cette consigne de vote « automatique »  posera  problème à l’avenir car le citoyen n’ignore pas qu’il n’est pas une brebis galeuse enkystée au cœur d’un corps sain.

Le Front de gauche sait  que Cahuzac incarne de manière cruelle et aveuglante ce qu’est devenu le PS. Il sait  que les chefs socialistes, souvent cumulards tel celui qui quitte Saint Pons  en laissant ce village exsangue, vivent bien, très bien, indécemment même, sur la bête, ce qui ne les empêche nullement de réclamer des sacrifices aux citoyens.  Le FdG   sait  que ce parti n’a plus, à de rares exceptions de vrais militants ouvriers, mais des obligés qui mangent et souvent très bien grâce à lui. Il sait aussi que le PS génère nombre d’emplois d’utilité discutable, réservés aux militants et aux encartés, quand l’appareil gère une ville, un conseil général, une région. Le FdG sait que la carte du PS aide à avoir un logement confortable mais aussi parfois à caser enfants et maîtresse. Il  sait  que plus d’un million de personnes ne vivent que grâce aux subventions locales  et nationales le plus souvent attribuées par le PS. Il sait que Sylvie Andrieux  a détourné 700 000 euros pour acheter les votes des quartiers nord de Marseille et qu’elle est encore député PS. Même topo pour Kucheida dans le Pas de Calais, Navarro dans le 34, Guérini  dans les Bouches du Rhône. Le FdG sait que certains de ses membres quémandent au PS (Norbert Etienne à Murviel) un accord fictif pour faire bouillir la marmite.

 Cahuzac, pourri+salaud,  s’avère très représentatif de ce qu’est devenu le PS, un parti de notables repus qui n’a plus rien à voir avec celles et ceux qui se sont longtemps battu sous cette étiquette en rêvant d’un monde meilleur.

« Qu’ils s’en aillent tous ! » a écrit Mélenchon l’an dernier, il y a en effet des limites qu’il faut savoir franchir : la manif du 5 Mai fera date en ce sens, étayée par la revendication pour la fondation d’une sixième république.

Des militants Front de Gauche de La Vallée

 

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 13:03

Martin Corey est incarcéré à Maghaberry depuis 3 ans sans accusation ni procés


Le mardi 16 avril 2013, Martin Corey, habitant de Lurgan, aura passé trois ans dans la prison de Maghaberry sans qu’aucune accusation n’ait été portée contre lui. Pendant cette période, la police n’a jamais interrogé Martin au sujet de quelque incident, événement lié à son emprisonnement. Mais qui est Martin Corey ? C’est un homme de 62 ans, qui a passé 19 années de sa vie à Long Kash en tant que prisonnier républicain. Il a été libéré par les autorités pénitentiaires en 1992 et a commencé à se reconstruire une vie. C’est un personnage populaire qui vient d’une famille très respectée et travailleuse de la ville.


Mais le 16 avril 2010, la police débarqua à son domicile de O’Neill’s Terrace et lui dit qu’elle avait un mandat d’arrêt contre lui. Martin a été amené au commissariat du PSNI [Police Service of Northern Ireland] de Lurgan, puis transféré à la prison de Maghaberry. Il faut dit qu’il avait désobéi aux termes de sa libération conditionnelle. Lorsque son avocat demanda ce que Martin était accusé d’avoir fait, on lui répondit que c’était une affaire prise en charge par la Sécurité Nationale et que les dossiers n’étaient pas accessibles [‘closed file information’].

Pendant ces trois années, son avocat et autres hommes de droit ont mis en question cette détention illégale à de nombreuses reprises, devant la haute cour de justice. Le lundi 9 juillet 2012, un juge de la haute cour, Seamus Tracy, qui a travaillé à la cour européenne des droits de l’homme, a ordonné la libération immédiate de Martin, avançant le fait qu’il y avait atteinte aux droits de l’homme sous l’égide des sections 4 et 5 de la convention européenne sur les droits de l’homme, et qu’il n’y avait aucune accusation portée contre lui et à sa connaissance. Ce jour-là, j’ai attendu quatre heures devant la prison de Maghaberry avec la famille de Martin, jusqu’à ce qu’on nous dise à 16h15 que le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord d’alors, Owen Patterson, avait refusé l’arrêt du juge et avait bloqué la libération de Martin.

J’étais à 30 mètres de Martin quand je reçus cet appel. Je l’ai vu sortir du panier à salade pour rejoindre le centre de réception, et je l’ai vu remonter dedans pour rejoindre sa cellule. Alors qu’on le faisait remonter dans le van, il s’arrêta, me regarda, et c’est un des moments les plus durs et les plus cruels que j’ai jamais endurés de ma vie.

La loi donne à Martin le droit d’être entendu tous les douze mois par une commission de libération conditionnelle, qui statue sur les raisons de sa détention. On m’y a accepté pour parler au nom de Martin : mais chaque date prévue a été repoussée et annulée, sous divers prétextes. Depuis 18 mois, Martin n’a pas pu bénéficier de cette audience, fait qui est considéré comme illégal par la cour des droits de l’homme à Strasbourg. En ce moment, nous attendons un rendez-vous à la haute cour pour une audience. Martin a connu divers incidents pendant sa détention à Maghaberry. Il a par exemple attendu plus de trois semaines pour un traitement dentaire d’urgence. Il faut savoir qu’un vétérinaire a l’obligation de signaler aux autorités un propriétaire d’animal domestique qui laisse souffrir celui-ci pendant ce laps de temps.

De même, lorsque Martin fit la requête d’une permission pour participer à l’enterrement de son frère, ceci fut refusé par l’autorité pénitentiaire et les tribunaux, sans justification. On ne lui permit finalement de quitter la prison qu’une heure avant le début de la cérémonie, après qu’une requête fut formulée auprès du ministère de la justice, pour des raisons humanitaires. De mon côté, j’ai du faire trois requêtes auprès du médiateur pénitentiaire pour des histoires d’affaires destinées à Martin dans sa cellule. Le médiateur prit ces trois décisions en faveur de Martin, décidant que les affaires lui seraient remises, ce qui le plaça en porte à faux vis-à-vis du Northern Ireland Prison Service qui en avait décidé autrement. Le cas de Martin a été soulevé à la haute cour de Belfast plusieurs fois dans les trois dernières années, sans qu’aucun élément de preuve d’activité criminelle n’ait pu être porté contre lui et constituer une accusation. Si Martin avait été accusé de possession illégale d’arme à feu lors de son arrestation il y a trois ans, il aurait été libéré depuis six mois. Mais on ne trouve aucun nom pour sa détention illégale, si ce n’est celui d’internement sans procès.

Je parle à Martin par téléphone presque tous les jours et je lui rends régulièrement visite dans la prison de Maghaberry : je peux vous assurer que son moral reste au beau fixe, malgré son absence totale de confiance envers le système judiciaire dans le Nord de l’Irlande. Il remercie tous et chacun pour les messages de soutien qu’il reçoit. En ce moment, nous attendons un rendez-vous pour une audience à la cour d’appel de Londres, pour mettre en cause sa détention illégale. Si nous y échouons, nous irons porter l’affaire devant les cours européennes de justice. Nous continuerons de nous manifester auprès de la haute cour de Belfast pour demander à la commission des libérations conditionnelles pourquoi elle n’a pas accordé à Martin le droit d’audience annuel qui est le sien.

Jim McIlmurray, porte-parole de Martin Corey

Demandez à Mme Villiers, la secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, que Martin Corey soit accusé de quelque chose, ou relâché. Adresse email de Mme Villiers : sos@nio.x.gsi.gov.uk

 

http://liberationirlande.wordpress.com/

 

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