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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 14:44

MORCEAUX CHOISIS

L’homme nouveau.

Nous les socialistes, nous sommes plus libres parce que nous sommes plus riches, nous sommes plus riches parce que nous sommes plus libres. Le squelette de notre pleine liberté est prêt. Il ne lui manque plus que sa substance et ses vêtements, nous les créerons. Notre liberté et notre pain quotidien ont la couleur du sang et sont gonflés de sacrifices. Notre sacrifice est conscient, c’est le prix de la liberté que nous construisons.

Le chemin est long et en partie inconnu. Nous connaissons nos limites. Nous ferons l’homme du XXIème siècle nous- mêmes. Nous le forgerons dans l’action quotidienne en créant l’homme nouveau avec une nouvelle technique. La personnalité joue un grand rôle mobilisateur et directeur, du moment qu’elle incarne les plus hautes vertus et les aspirations du peuple et qu’elle ne s’éloigne pas de la route. C’est le groupe d’avant-garde qui ouvre le chemin, les meilleurs d’entre les bons, le parti.

L’argile fondamentale de notre œuvre est la jeunesse. Nous y déposons tous nos espoirs et nous la préparons à prendre le drapeau de nos mains. Si cette lettre balbutiante éclaire quelque chose, elle aura rempli son objectif. Recevez notre salut, rituel comme une poignée de mains ou un Ave Maria : la patrie ou la mort.

Ernesto « Che » Guevara (1928 – 1967), « Le socialisme et l’homme à Cuba » (1965).

Fay ce que vouldras.

Toute leur  vie estoit  employée  non par loix, statuz ou reigles, mais  selon leur  vouloir et franc  arbitre. Se levoient du lict quand bon leur sembloit, beuvoient, mangeoient, travailloient, dormoient quand le désir leur venoit ; nul ne les esueilloit, nul ne les parforçoit ny à boyre, ni à manger, ny à faire  chose  aultre  quelconques. Ainsi  l’avoit  estably  Gargantua. En leur  reigle  n’estoit  que  ceste  clause :

FAY  CE  QUE  VOULDRAS

(…)  Par ceste liberté entrarent en louable émulation de faire tous ce qu’à ung seul voyaient plaire. Si quelqu’ung ou quelcune disoit : Beuvons, touts beuvoient ; si disoit : Jouons, tous jouoient ; si disoit : allons à l’esbat es champs, tous y alloient. Si c’estoit pour voller ou chasser, les dames, montées sus de belles hacquenées avecq’ leurs palefory gorrier, sus le poing, mignonnement engantelé, portoient chascune ou ung espavier, ou ung laneret, ou ung esmerillon. Les hommes portoient les aultres oyseaulx.

Tant noblement estoient aprins qu’il n’estoit entre eulx celluy ne celle qui ne seust lire, escripre, chanter, jouer d ‘instruments harmonieux, parler de cinq et six langaiges, et en icelles composer tant en carme, qu’en oraison solue.  Jamais ne furent veuz chevaliers tant preux, tant galants, tant dextres à pied et à cheval, plus verts, mieulx remuants, mieulx maniant touts bastons, que là estoient, jamais ne furent veues dames tant propres, tant mignonnes, moins fascheuses, plus doctes à la main, à la gueille, à tout acte muliebre honest et libere, que là estoient.

François Rabelais (v. 1483 – 1553), Gargantua (1534).

Sans liberté …

“ Si l’on étouffe la vie politique dans tout le pays, il est forcé que, dans les soviets aussi, la vie soit de plus en plus paralysée. Sans élections générales, sans liberté de la presse et de réunion sans entraves, sans libres affrontements d’opinion, la vie de n’importe quelle institution publique cesse, se transforme en pseudo-vie, dans laquelle le seul élément actif qui subsiste est la bureaucratie. ( )

La vie publique s’assoupit peu à peu, quelques dizaines de dirigeants du parti, d’une énergie inépuisable et d’un idéalisme sans limites dirigent et gouvernent, parmi eux la direction est assurée en réalité par une douzaine d’esprits supérieurs et l’élite des ouvriers est, de temps à autre, invitée à se réunir pour applaudir les discours des chefs et approuver à l’unanimité les résolutions qu’on lui soumet : au fond, c’est une clique qui gouverne … Il s’agit bien d’une dictature, mais ce n’est pas la dictature du prolétariat, mais celle d’une poignée d’hommes politiques, c’est à dire une dictature au sens purement bourgeois. ”

Rosa Luxembourg (1871 – 1919), La Révolution russe (1918).

Un rêve américain.

Je vous le dis ici et maintenant, mes amis : même si nous devons affronter des difficultés aujourd’hui et demain, je fais pourtant un rêve. C’est un rêve profondément ancré dans le rêve américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux.”

Je rêve que, un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.

Je rêve que, un jour, l’État du Mississippi lui-même, tout brûlant des feux de l’injustice, tout brûlant des feux de l’oppression, se transformera en oasis de liberté et de justice.

Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau, mais à la nature de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !

Je rêve que, un jour, même en Alabama où le racisme est vicieux, où le gouverneur a la bouche pleine des mots « interposition » et « nullification », un jour, justement en Alabama, les petits garçons et les petites filles noirs, les petits garçons et petites filles blancs, pourrons tous se prendre par la main comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !

Je rêve que, un jour, tout vallon sera relevé, toute montagne et toute colline seront rabaissées, tout éperon deviendra une plaine, tout mamelon une trouée, et la gloire du Seigneur sera révélée à tous les êtres faits de chair tout à la fois.

Telle est mon espérance. Telle est la foi que je remporterai dans le Sud.

Martin Luther King (1929 – 1968), I make a dream (1963).

Un idéalisme rationnel.

La future organisation sociale doit être faite seulement de bas en haut par la libre association et fédération des travailleurs, dans des associations d’abord, puis dans les communes, dans les régions, dans les nations, et, finalement, dans une grande fédération internationale et universelle. C’est alors seulement que se réalisera le vrai et vivifiant ordre de la liberté et du bonheur général, cet ordre qui, loin de renier, affirme au contraire et met d’accord les intérêts des individus et de la société.

Mais nous autres, ne croyant ni en Dieu, ni en l’immortalité de l’âme, ni en la propre liberté de la volonté, nous affirmons que la liberté doit être comprise, dans son acception la plus large, comme but du progrès historique de l’humanité. Par un étrange, quoique logique contraste, nos adversaires, idéalistes de la théologie et de la métaphysique, prennent le principe de la liberté comme fondement et base de leurs théories, pour conclure tout bonnement à l’indispensabilité de l’esclavage des hommes. Nous autres, matérialistes en théorie, nous tendons en pratique à créer et à rendre durable un idéalisme rationnel et noble.

Michel Bakounine (1814 – 1876) « La Commune de Paris et la notion de l’État (1871), De la guerre à la Commune.

contact : lacigale.stpons@orange.fr

Supplément au feuillet d’opinion du Piémont héraultais n° 179 du 15 août 2010 – Gratuit.

Renseignements : 3, route de Castres – 34220 Saint-Pons de Thomières.

Cette gazette est disponible à cette même adresse et sur le marché le mercredi matin.

IPNS – Ne pas jeter sur la voie publique.

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Published by Pierre Blondeau et les camarades de La Cigale - dans La commune
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