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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 08:33

Mercredi 20 Juillet 2011 – Pierre-Marie LEMAIRE

Sud Ouest
La préfecture est une nouvelle fois condamnée pour avoir refusé deux parcs éoliens en Saintonge. La Charente-Maritime prend du retard.
La préfecture de la Charente-maritime ne veut pas de parc éolien à Saint-Pierre-de-Juillers, entre Saint-Jeand'Angély et Matha.
Par deux fois, en 2006 et en 2008, elle a refusé le permis de construire déposé par la société allemande Global Repower. Et par deux fois, la justice administrative lui a donné tort, tant en première instance à Poitiers qu'en appel à Bordeaux.
Le dernier arrêt vient tout juste de tomber. Comme dans leurs précédentes décisions, les magistrats bordelais démontent les arguments avancés par l'État pour empêcher l'implantation de cinq aérogénérateurs dans ce petit coin de Saintonge.
La « richesse paysagère et patrimoniale du secteur » ? «Le parc est prévu sur de vastes zones agricoles très ouvertes, sans différences marquées de relief et sans caractéristique environnementale », répondent-ils. L'« atteinte au site de l'église romane d'Aulnay » ? Pas mieux : non seulement l'édifice se situe à 6 kilomètres, mais ses alentours sont déjà pollués par un silo agricole et une ligne à haute tension « bien plus proches ». Conclusion : pour la deuxième fois, « il est enjoint à l'État de procéder à un nouvel examen de la demande de permis de construire dans un délai de deux mois. » Ce ne sera jamais que le troisième dossier.
Et il faudra à la préfecture trouver des arguments plus sérieux pour s'y opposer à
nouveau. « Refus systématique » Ce n'est pas la première fois que les services de l'État en Charente-Maritime sont accusés d'abus de pouvoir dans le domaine très sensible de l'éolien. Yves, Saint-Germain-de-Marencennes, Saint-Jean-de-Liversay, Bignais-Mazeray, Saint-Mandé-sur-Brédoire, Marsais…, la plupart de leurs refus, le plus
souvent motivés par de supposées « atteintes au paysage », ont été retoqués en justice. Laquelle ne cache plus son irritation. « Les préfets successifs s'opposent systématiquement à tous les projets avec des arguties qui ne trompent personne », s'est énervé un jour le rapporteur public du tribunal administratif de Poitiers. Et d'évoquer des « habillages juridiques », des « décisions politiques prises pour des motifs inavouables ».
Dernière décision en date, les magistrats de Poitiers viennent d'annuler le refus opposé par la préfecture à la SARL Régie d'énergie éolienne, basée à La Rochelle, pour la construction de cinq machines aux Nouillers, au sud de Tonnay-Boutonne.
Objectif non tenu Le premier Schéma régional éolien avait affecté à la Charente-Maritime un objectif de production de 60 MW à l'horizon 2010. Il n'a pas été tenu. La puissance des quatre parcs en activité (Saint- Crépin, Péré, Bernay-Saint-Martin et La Benâte) dépasse à peine les 40 MW. Mais les quatre autres dossiers qui ont reçu un feu vert, après décision de justice, doivent permettre au département de rattraper son retard avec une puissance cumulée de 61 MW. « On n'a pas trop compris ce qui s'est passé, souligne un opérateur. Entre 2005 et
2010, la préfecture a bloqué la plupart des dossiers sans que l'on sache pourquoi. Le taux de refus, qui est en moyenne de 28 % en France, dépasse ici les 50 %. Aujourd'hui, la Charente et les Deux-Sèvres sont mieux équipées que nous alors qu'il y a moins de vent. » Les professionnels veulent croire qu'une brise plus légère souffle désormais sur la préfecture.
Trois autres dossiers sont en cours d'instruction, dont celui de La Brousse et Bagnizeau, première pierre de la Zone de développement de l'éolien à laquelle travaille la Communauté de communes du Pays de Matha. À terme, 21 nouveaux aérogénérateurs devraient pousser sur ce plat pays qui a peu de chances de postuler un jour au patrimoine mondial de l'Unesco.

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Published by Pierre Blondeau et les camarades de La Cigale
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