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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 18:30

Mardi 20 septembre 2011, comme les mardis précédents, manif. au col de Fontfroide. Le groupe constate que le vent est plutôt frais et qu’il vaut mieux s’installer à l’abri des arbres, à l’entrée de la piste qui mène au chantier (ex-GR7, devenu chemin de la Honte).

Mais nous surveillons le col de Fontfroide. Premier constat : alors que 15 jours auparavant, il y avait 4 voitures de gendarmerie, cette fois-ci, pas une seule. Alors, nous ne comptons plus ?

Alors, rien ne nous empêche de faire obstacle à l’entrée du chantier. Un fourgon blanc ENERCON* se présente. Le chauffeur n’a pas apprécié du tout, a été très virulent. Il a fait mine de démarrer en trombe, mais a dû renoncer dans l’instant. Pendant près d’une heure, des discussions tendues à l’infini avec les personnes de ce fourgon, mais aussi d’un cadre d’ENERCON et d’un chauffeur de camion descendus du chantier.

Pendant un moment, nous nous étions dit : « Bon, ça va comme ça, on a marqué le coup, on va les laisser passer », mais pas moyen : un ou deux étaient trop virulents. Il nous a donc fallu attendre qu’ils se calment pour leur laisser le passage. Puis nous sommes allés, banderoles en mains, visiter le chantier de la première éolienne. Manifestement, les employés du chantier n’étaient pas exempts d’une certaine appréhension puisqu’ils se sont regroupés sur le socle de béton…

 

Mais midi a sonné la fin de notre rendez-vous hebdomadaire. Un certain nombre de manifestants sont partis, mais d’autres avaient prévu un barbecue sur place.

 

MC

 

 

 

Raconté par PB :

 

Comme tous les mardis matins depuis juin, j’ai rendez-vous avec les camarades du collectif pour la préservation des landes au col de Fontfroide : arrivée à 12 H 45 accompagné de l’attaché logistique, le dénommé Tintin. En montant, nous croisons la voiture de gendarmerie qui partait du site (NDLR : l’action du matin avait fait revenir les gendarmes). Beau coucou lui a été fait. Sur place reste le noyau dur des copains et des copines qui ont manifesté depuis  9H 30, celle qui a faim, qui va déjeuner sur place, soit 10 fripons, en vigie ou en chouf, c’est selon, si on regarde l’heure de Dunkerque ou de Tamanrasset (NDLR : ce PB, faut toujours qu’il en rajoute). Menu : escargots à la catalane, s’il vous plaît ! (succulents, merci), saucisse grillée à la tomate sur barbecue portatif : savoureuse à souhait, la cause a aussi de bons moments…) et pinard, qui n’est cependant pas de la vinasse et qui fait du bien par où ça passe.

A 13 heures, une graine de connard, au volant d’un fourgon blanc de l’entreprise ENERCON* (il y en a qui porte bien leur nom) immatriculé AB 625 NS (85), vendéen, ventre à choux ! passe à 80 km à l’heure  à 1 m de notre position sur le GR7, privatisé de fait par ces enflures, et nous insultant de surcroît ! Montée d’adrénaline dans nos rangs… Et trois minutes après…

joie et bonheur ! comme quoi Marx existe bien, trois convois exceptionnels, rien que pour nous, pour le dessert, portant des fûts d’éoliennes, pointant leurs (vilains) museaux, veulent passer sur notre emplacement. Vite, barbecue mis au milieu du chemin comme barricade, rempart de nos corps…, arrêts des monstres et de l’équipage des convoyeurs, somme toute sympathiques, des français pour une fois, qui viennent du port de Sète (il faudra consoler le, grand Georges) par bien des détours. Certains boivent le coup de blanc et grignotent un casse-dalle improvisé, offert par la famille anti-éoliennes industrielles.

Nous décidons de tenir jusqu’à 14 h 15 ou jusqu’à l’arrivée des bleus. Les gonzes qui travaillent sur le site sont très nerveux et téléphonent en permanence. Un chef d’équipe trop zélé doit être remis à sa place et convaincu que de jouer au cow-boy ne lui sera pas profitable.

14 H 15 : nous levons le camp. Adieu (certes pas déchirant) aux convoyeurs. Et nous redescendons le col. Au col du Poirier, nous croisons de nouveau une voiture de gendarmes qui remonte comme un avion. Là, pas de coucou de notre part : nous arrêtons et attendons de voir passer tous les véhicules des manifestants : on ne sait jamais (il ne faudrait pas qu’un pépin arrive : une GAV survient si vite en Sarkoland). Manquent à l’appel nos chères copines : Claire, Michèle et Cécilia. Inquiétude, retour au col où nos trois grâces discutent, pépère, le bout de gras avec la marée-chaussée. L’adjudant de gendarmerie, nouveau chef de brigade d’Olargues, est dépité : il n’a pas de chef à qui s’adresser et il déplore le fait que depuis, son arrivée (un petit mois) il n’y a que des manifs. Il craint aussi des mises en garde à vue. On le rassure : des manifs, il en verra d’autres et pas qu’un peu. Quant aux GAV, on maîtrise la crise. Et comme on veut faire une suite au bouquin « l’affaire du corbeau », une comparaison entre une GAV de ville et une GAV aux champs serait peut-être instructive. Quoique… ses chefs qui étaient tous groupir à ce moment-là pour une passation de pouvoir, l’ont rudoyé pour nous avoir laissés seuls et l’ont fait remonter dare-dare.

Séparation, sans pleurs, et promesse de se revoir en huit.     (à suivre)   

 

* Il y a gros à parier que c’est le même fourgon… 

PB

 

 

 

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Published by Pierre Blondeau et les camarades de La Cigale
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